Jardins du cinéma

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Jardins du cinéma

Jardins du cinéma

€29.00

En librairie le 8 novembre 2016

160 x 205 mm, cahier central en couleurs

480 pages, 29 euros

979-10-93104-13-3

Photo de couverture : Mon oncle de Jacques Tati (1958)
© Les Films de Mon Oncle – Specta Films C.E.P.E.C.

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Photo ci-dessus : © Institut Lumière

Jardins du cinéma

Michel Berjon

avec la collaboration de Marie Berjon

préface

Pierre Murat

 

Explorer le jardin au cinéma, c’est à la fois défricher une terre vierge où peu d’historiens, chercheurs ou critiques de cinéma se sont aventurés, et initier une passerelle entre deux arts et deux publics.
S’adressant aux amateurs de jardins comme aux cinéphiles, ce voyage dans 120 ans de jardins du 7e art, à travers plus de 300 films de fiction, est une invitation à comprendre ces lieux familiers que sont la cour, le jardin ou le parc – et à nourrir notre regard de celui de grands cinéastes, de Stanley Kubrick à Alain Resnais.
Objet d’une contemplation paysagère, le jardin est aussi un lieu qui vit et meurt avec les personnages qui le fréquentent : un lieu d’art, un lieu d’amour, un lieu de quête de sens. Sans cesse réinventé, il déploie, au cinéma, toutes ses possibilités esthétiques et philosophiques.



Extrait de l'introduction de l'auteur


« Toutefois, les jardins sont moins présents au cinéma que dans le monde réel. Pourquoi ne voit-on pas plus de jardins sur les écrans, alors qu’ils font partie du quotidien ? Le cinéma affectionne plus souvent les grands espaces, d’où la présence forte du paysage à l’écran, et avant tout celle du paysage urbain. Se sentirait-on trop à l’étroit dans les jardins des villes pour filmer de grandes aventures ?


Pourtant, à l’origine, les jardins ont souvent été filmés par les frères Lumière. Les studios de Hollywood ont encore davantage tiré profit de la lumière californienne et des nombreuses propriétés, entourées de vastes jardins luxueux. Le climat californien étant propice au tournage des scènes d’extérieur, les jardins de Los Angeles sont familiers aux spectateurs du monde entier depuis les comédies de Mack Sennett, de Charlie Chaplin ou de Ben Turpin. Ces pionniers y trouvaient une luminosité qui convenait à la pellicule cinématographique, alors peu sensible, nécessitant beaucoup de lumière.
La technique évoluant, les cinéastes se sont davantage repliés dans les studios, et de façon plus systématique encore au moment de l’arrivée du cinéma parlant qui exigeait de contrôler drastiquement les sources sonores. Le cinéma s’est alors éloigné des jardins.

[...]

Ce livre est une invitation à une promenade dans les jardins du cinéma. Depuis 120 ans, des films rendent compte de plusieurs siècles d’art des jardins, les films en costumes étant par exemple très friands de décors historiques soignés. Les jardins et parcs urbains contemporains, aussi bien publics que privés, méritent aussi un arrêt sur l’image. »



Extrait de la préface de Pierre Murat
 

« [...] On part du potager d’Another Year de Mike Leigh – où un couple de British plus vrais que nature boivent du thé, les jours de pluie – pour aboutir à Citizen Kane d’Orson Welles, où un mégalo fait planter 100 000 arbres pour ériger des jardins à la française et des parcs paysagers extravagants. On se perd, avec délice, dans les labyrinthes du Limier de Joseph L. Mankiewicz et, avec frayeur, dans celui de Shining de Stanley Kubrick. Et l’on passe vite sur une superproduction ratée (Vatel de Roland Joffé) pour s’attarder sur un petit film allemand méconnu, enfin réhabilité : Pingpong de Matthias Luthardt (2006). « Ce jardin, a priori convivial, écrit Michel Berjon, devient un théâtre de la cruauté. Ce décor extérieur se transforme en huis clos sartrien : rarement un jardin aura été perçu comme un endroit aussi étouffant et sordide ».

De ce périple en zigzags – où l’on se sent devenir explorateur, mieux : aventurier –, on émerge fourbus. Surpris. Ravis. Ragaillardis. En ce qui me concerne, je ne vois plus, désormais, sous les massifs d’hortensias, les cadavres cachés de Danielle Darrieux. Et mes plantes d’appartement, dont je m’occupe encore mieux qu’avant, ­commencent, enfin, à m’aimer… »

 

 

L'AUTEUR

Michel Berjon est rédacteur aux Fiches du cinéma depuis 1997. Il a également été chargé d’enseignement socio-culturel auprès d’étudiants paysagistes. Suite à la publication de son article sur les jardins du cinéma dans la revue Champs ­culturels, il a développé le texte pour en faire un support de cours.
Sa fille Marie Berjon l’a aidé à le transformer en un ouvrage de référence.





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Photo du haut : © reproduction avec l’aimable autorisation des Films du Losange

Photo du bas : © 2002 Focus Features LLC and Vulcan Productions Inc